J’ai l’impression de ne pas en avoir ou du moins assez, mais je pourrai le prendre au lieu de rêvasser.
Pourtant je préfère me détendre car il ne s’arrête jamais. Et au final je suis toujours pressée, stressée, lassée, dépassée.
Alors je me suis enfin décidée à ne plus le donner à n’importe qui ou n’importe quoi, et je le garde uniquement pour moi.
S’il était latent, on l’apprécierai moins mais là il tend à filer donc on en veut toujours plus.
Honnêtement j’essaye juste de ne pas le perdre, d’en profiter, ne sachant pas combien de grains il reste dans la partie supérieure du sablier.
Il ordonne, mais jamais on ne l’entend. À défaut de le voir passer, on attend, naïvement. Et soudain on constate ses ravages, notamment sur notre visage.
Il est l’indicateur de ce qui n’est plus, et ne donne aucune certitude sur ce qui sera. Alors même si on lui caractérise des aptitudes salvatrices, un jour il s’arrêtera.
À l’heure où j’écris ce texte, je le regarde et je sens qu’il se moque de moi. C’est comme si j’avais le trac. Il s’avance, son rire résonne de plus en plus fort dans ma tête et fait « tic tac ».
Tina Mostel